On prend les mêmes et on recommence !

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Par

Sabahudin Softic

Fondé de pouvoir | Conseiller institutionnel

Les incertitudes provoquées par l’administration américaine en 2025 se poursuivent en ce début d’année. Les mêmes actions produisant les mêmes conséquences, c’est sans surprise que les actifs américains sont une nouvelle fois délaissés. Comme l’année passée, ceci se reflète au travers d’une pression sur le dollar.

L’administration Trump a frappé fort dès le début de l’année en organisant la capture, ou l’enlèvement selon le point de vue, du président du Venezuela dans une opération spectaculaire. Parmi les nombreuses accusations portées contre Nicolas Maduro par la justice américaine, on peut citer la possession d’armes à feu. Un comble, quand on sait qu’aux États-Unis presque n’importe qui peut en posséder une. Sans défendre la politique exercée par le président vénézuélien ces dernières années, les raisons invoquées par les Américains pour leur action coup de poing semblent pour le moins suspicieuse. Ce d’autant que Donald Trump a publiquement annoncé, à de multiples reprises, qu’il en avait après les réserves pétrolières vénézuéliennes. Il faut rajouter à cela de nouvelles menaces proférées contre l’Iran ou tout État qui ferait du commerce avec l’Iran.

Quelques jours après, c’est Jérôme Powell, le président de la Réserve fédérale américaine (FED) qui était visé. En effet, le 11 janvier, il a annoncé dans un message vidéo être menacé de poursuites par le département de la justice et que, malgré les éléments avancés, il estime que c’est une conséquence de son refus de plier aux exigences de Donald Trump de baisser plus fortement le taux directeur. Ceci constitue donc la suite logique des nombreuses pressions exercées sur la FED tout au long de l’année 2025. D’ailleurs, fin janvier, le président Trump a annoncé la nomination de Kevin Warsch, qu’il considère comme un fidèle, pour reprendre le poste de Monsieur Powell dont le mandat expire en mai 2026.

Le discours de Donald Trump lors du World Economic Forum (WEF) à Davos a dissipé tout doute quant au retour à une certaine stabilité tant au niveau des relations commerciales que géopolitiques. En effet, dans un discours de plus d’une heure, parfois un peu décousu, le président américain a une nouvelle fois menacé de relever les droits de douane sur les pays européens s’ils refusent de lui céder le Groenland, administré par le Danemark. Pourtant, un accord commercial d’envergure a été trouvé en 2025 dans lequel les Européens ont accepté des concessions majeures. Cela ravive une nouvelle fois les craintes, à maintes reprises constatées, que tout accord trouvé avec l’actuelle administration américaine n’a pas de grande valeur puisqu’il peut être remis en question du jour au lendemain.

Cette sorte de chaos, créée par Washington en ce début d’année, se reflète donc une nouvelle fois dans la baisse du dollar. En effet, ramené en CHF, le marché américain a ainsi été le seul marché majeur à connaitre une baisse sur le mois de janvier, malgré sa légère hausse nominale en monnaie de base.

Mis à part les actions américaines et les obligations dans leur ensemble, la plupart des autres classes d’actif sont montées, exprimées en CHF. Les cours des matières premières, après une année difficile, ont connu un rebond de 7,35% (Rogers Commodity Index, en CHF) en janvier. Cette hausse a surtout été tirée par un net raffermissement du prix du pétrole (+13,33%, en CHF). L’or a quant à lui poursuivi sur sa tendance de l’année passée en atteignant un nouveau record historique, avant de céder une partie des gains. Le métal jaune reste cependant en hausse depuis le début de l’année.

Pour le moment, rien ne laisse présager un changement de tendance, mais l’année est encore longue et on n’est jamais à l’abri de surprises comme on a pu le constater tout au long de l’année passée notamment. On a cependant de la peine à envisager ce qui pourrait remettre en question la tendance baissière qui pèse sur le dollar depuis ses plus hauts en 2022.

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