Commentaire mensuel Janvier 2019

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Par

Sabahudin Softic

Fondé de pouvoir | Conseiller institutionnel

Comme nous l’avions mentionné dans notre commentaire du mois précédent, le mois de décembre avait été le pire mois boursier depuis 1930. Pour y faire contre échos, le mois écoulé a été le meilleur mois de janvier depuis 1989.

L’ensemble des principaux marchés actions ont affiché une performance positive. Exprimés en CHF, le marché américain est monté de 9,96%, le marché européen de 8,01% et les marchés émergents de 10,13%. Les actions suisses s’en sortent un peu moins bien avec une hausse de seulement 6,96%. Les cours de l’or, qui avaient tiré leur épingle du jeu durant le dernier trimestre 2018, profitant d’une baisse généralisée des marchés actions, ont continué de se raffermir en ce début d’année, malgré le rebond de ces derniers.

Les marchés sont montés régulièrement tout au long du mois, rien ne semblant les inquiéter. Que ce soit :

  • le fameux « shutdown » du gouvernement américain, dont on parle depuis plusieurs semaines, et qui a battu le record du plus long de l’histoire américaine, finalement stoppé fin janvier, mais qui pourra potentiellement recommencer mi-février si aucune solution à la construction du « mur » n’était trouvée,
  • les discussions concernant un accord commercial entre la Chine et les États-Unis ne trouvant toujours pas d’issue favorable,
  • les rebondissements divers concernant le Brexit, dont la date butoir s’approche rapidement,
  • des tensions de plus en plus importantes liées au Venezuela, un des principaux producteurs de pétrole au Monde,
  • les soulèvements en France qui ne donnent pas de réels signes d’apaisement.

On pourrait aisément rajouter d’autres éléments à cette liste, mais ce n’est pas nécessaire pour notre démonstration. En résumé, les marchés actions n’ont été que peu impactés par les nouvelles macroéconomiques, politiques ou géopolitiques durant le mois écoulé.

Tout comme durant le mois de décembre 2018, ce mois de janvier 2019 a principalement été impacté par les banques centrales en général et par la banque centrale américaine (FED) en particulier. Cela a commencé en début de mois, par une petite phrase lâchée par le président de la FED, Jérôme Powell, lors d’une intervention publique, disant qu’il était à l’écoute attentive des marchés actions. Cela a clairement été interprété comme un signal que le resserrement monétaire en cours n’allait pas se poursuivre au rythme actuel. Un clair retournement de direction en comparaison avec les propos tenus en décembre au moment du resserrement complémentaire du taux directeur de 0,25%.

Les propos tenus par Jérôme Powell en début de mois ont été confirmés en fin de mois, suite à la réunion de la FED des 29 et 30 janvier. Tout d’abord, et sans surprise, il n’y a pas eu de hausse du taux directeur. Ensuite, le communiqué de presse ayant suivi la réunion a été des plus rassurants pour les marchés financiers puisque la banque centrale a non seulement laissé entendre qu’elle était prête à stopper ses régulières hausses du taux directeur sur l’année (elle en escomptait encore deux en décembre 2018), mais également à recommencer à acquérir divers actifs sur le marché si cela s’avérait nécessaire.

Le message envoyé par l’institut monétaire a été très bien reçu, puisque suite à la réunion, l’attente par le marché d’une hausse du taux directeur en 2019 est tombée à zéro.

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